LE P’TIT JOUTIAT Journal d’informations locales de Joux la Ville  

Directeur de la publication : Jean Claude Lemaire                                  Page d’accueil

Extraits publiés avec l’autorisation de Monsieur le Maire

 

Les pages d’histoire, issues des archives départementales, sont présentées par Monsieur Fraisse.

Les pages précédées d’un * n’ont pas fait l’objet d’une parution dans le P’tit Joutiat

Il n'y a plus de saisons...

Chronique judiciaire

A propos de l'école (Fosse d’aisance et voisinage) 

Chemin de croix des grognards, en Espagne

Un génie de l'abondance à Joux la Ville

Un peu d'histoire ou de petite histoire de Joux la Ville, Il y a un siècle et demi

Les sollicitudes de l'Administration

Le paradis sur terre, selon Restif de la Bretonne Oudun ou Oudin ou Houdin, (Odunum au X11cme siecle)

Histoire du Presbytère (1er chapitre)

Histoire du Presbytère (suite)

Liste des maires de Joux la Ville de 1789 à nos jours

 

* La cloche civique

* Histoire des écoles officielles de Joux la Ville

* Histoire des écoles officielles de Joux la Ville (suite)

* Souvenirs d'Emile Marsigny (publié avec l'aimable autorisation de son arrière petit-fils Eric Frantz)

 

Création du P’tit Joutiat

Le nouveau Conseil Municipal issu des élections du 11 juin 1995

Représentants aux différentes instances intercommunales

Les Commissions municipales ont été constituées.

Notre commune compte à ce jour 524 habitants

Monsieur le Maire évoque quelques disparus de l’année 1995

Le club d'échecs

l’agrandissement et de la rénovation de l’école

Quelques réactions d’élèves à propos de l’agrandissement et la rénovation de l’école

Animation anti‑drogue à l’école

Avis de recherche

Le Val de la Nef… une vallée au bout du monde…

Tour de France : mode d’emploi

Au revoir Mimile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JOUX INFO Le 1er août 1995

 

BULLETIN D' INFORMATIONS LOCALES

Directeur de la publication M. JC Lemaire

 

LE MOT DU MAIRE (Création du P’tit Joutiat)

Le 1er AOUT 1995

Madame. Monsieur,

Comme nous vous l'avions annoncé lors de notre profession de foi nous allons amorcer une politique d'information dite " au plus près des habitants ". Ainsi ce premier numéro se veut la preuve de notre volonté. Modeste, il vous fait une présentation de notre commune et vous donne des informations pratiques. Il se voudra, à l'avenir, un journal ouvert à tous si vous avez une anecdote ou une page d' histoire à raconter. Il vous présentera également les projets communaux en cours. Bref, si vous le souhaitez et quand vous le voudrez, il sera votre journal.

 

Respectueusement                                           Sommaire   

 

Jean‑Claude LEMAIRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nouveau Conseil Municipal issu des élections du 11 juin 1995 est composé de Mmes et Mrs :

 

(JOUX INFO Le 1er août 1995)                                       

 

Maire                            LEMAIRE Jean‑Claude

ler ADJOINT                FRAISSE Daniel                                           

2ème ADJOINT             RENARD Marie‑Noëlle

CONSEILLERS:          BERTHIAS Gabriel                              LEBLANC Bernard

                                              BOUNON Laurent                          LE BRICON Alain

                                          BOURHIS Jeanine                          LEBRUN Jean‑Louis

                                             BRETAGNE Valérie                       OPPENAU Gilbert

                                          BRETEAU Fernand                         SABAN Jean‑Miche

                                          DUBIEF Barbara                    SANTOS Patrick                                                                                                                                                       

                                                                                                                                                         Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de sa seconde réunion le Conseil Municipal a désigné ses représentants aux différentes instances intercommunales :

 

(JOUX INFO Le 1er août 1995)

 

SIVOM du canton de L'ISLE sur SEREIN :

MM JC LEMAIRE et F BRETEAU

 

Syndicat intercommunal JOUX ‑ PRECY LE SEC

Titulaires :

MM JC LEMAIRE, D FRAISSE, P SANTOS et L BOUNON

Suppléants :

Mme B DUBIEF et M. JL LEBRUN                                                                          

 

Syndicat d'électrification (S.LE.R.A.)

M. JC LEMAIRE et M.L RUBIO                                              Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Les Commissions municipales ont été constituées. Les représentants du Conseil municipal sont :

 

(JOUX INFO Le 1er août 1995)

 

Action sociale             P SANTOS, G OPPENAU, V BRETAGNE.

Ecole                          JL LEBRUN . P SANTOS.

Bâtiments et travaux     F BRETEAU. L BOUNON.

Environnement            G BERTHIAS. B DUBIEF, V BRETAGNE.

Chemins                      B LEBLANC. A LEBRICON, L BOUNON.

Bois                            G OPPENAU, B LEBLANC.

Information, accueil     J BOURHIS.

Développement           G BERTHIAS B LEBLANC

Sports                         JL LEBRUN.

Logistique. Matériel     JM SABAN                                                    Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


SAVIEZ VOUS ...

 

(JOUX INFO Le 1er août 1995)

 

Que notre commune compte à ce jour 524 habitants ayant une résidence personnelle à Joux La Ville,

 

Après une longue et importante diminution de sa population (de 1307 habitants en 1831 à 438 en 1982, donc en 150 ans), nous notons une légère remontée en 1990 (473 habitants) pour parvenir au dernier recensement de 1993 à 524 habitants.

 

En 1990,  la commune comptait au total 295 logements dont 178 résidences principales, 67 secondaires et 50 vacantes. En 1993, 35 logements neufs sont venus s'ajouter essentiellement au nombre des résidences principales.

 

Pour une étendue de 4300 hectares, la densité de population est donc actuellement de 12 habitants au Km2                                                                                            

                                                                                                                                                       Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE P’TIT JOUTIAT        N° 2            Le 25 octobre 1995

Journal d’informations locales de Joux la Ville

 Directeur de la publication : Jean Claude Lemaire

 

LE MOT DU MAIRE (Extrait)

 

Monsieur le Maire évoque quelques disparus de l’année 1995

…1995 aura été pour Joux la Ville une année difficile.

Nous perdions en mars 1995 notre jeune compatriote Laurent Berthier, poyaudin de Saint Sauveur, plein de sérieux et dévoué a son travail à la Beursaudière, Puis, en avril, intervint le décès de Madame Delville, du Val de Malon, dont on peut retenir la volonté qu'elle eut à améliorer le patrimoine bâti du Val de Malon

 

En juin, et à la stupeur générale, Gilbert nous quitta subitement. Sa gentillesse et son calme, sa passion pour les cartes resteront gravés dans la mémoire de tous ceux qui l'ont approché comme le symbole d'un homme de paix. Un peu plus tard, Madame Noiret disparut à son tour, Elle me laisse l’image, pour le peu que je l'ai connue, d'une personne déterminée et indépendante.

 

En juillet, après deux semaines d'hospitalisation, Madame Bourdillat nous quitta, Je garde des rencontres que j’ai eues avec elle des souvenirs délicieux quand elle me contait des tranches de vie de notre village, mais aussi l'image de ces grands troupeaux de moutons de mon enfance.

 

Le même mois, notre grand ami Félicien Dupêché, un des pères de notre" Saint Georges", s'en est allé. Ce personnage, haut en couleur, pétillant de malice, m'a, des heures durant, conté la vie du temps passé dans son patois si truculent. Cela restera parmi mes plus beaux souvenirs d'élu.

 

Quelques jours plus tard, notre bon père Jo, que j'avais visité l'avant veille à l'hôpital rejoignit celui à qui il avait consacré sa vie. Homme d'une grande tolérance, homme de dévouement, il repose, aujourd'hui, dans cette terre de Puisaye aux paysages si doux, pour laquelle nous avions une passion commune.

 

Notre boulanger, Raoul, que tous ces décès avaient touché s'en alla le 12 août. Enfant du pays, fils de boulanger, boulanger à son tour de 1952 à 1987, Raoul me laisse plein de souvenirs. Lien, ô combien important, entre le bourg, les hameaux et les villages alentours, pour les services et les nouvelles, il me laisse le souvenir de clairon aux défilés des lampions de mon enfance, de délicieux Pithiviers, comme je n'en ai jamais mangé d'autres et de l'oie que nous allions faire cuire en son four pour Noël.

 

Enfin, Jules Damiens, après de longues années de retraite à Joux la Ville, s'éteignit au terme d'un séjour à l'hôpital. Simple et droit, Jules aimait les visites et s'étonnait de tout…

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CLUB D’ECHECS

 

LE P’TIT JOUTIAT    N° 2     Le 25 octobre 1995

 

Le club d'échecs a commencé à fonctionner le mardi 4 octobre. Une trentaine de participants ont assisté à cette séance inaugurale : débutants ou joueurs expérimentés, élèves de l'école primaire mais aussi du collège, et adultes.

 

Mr Thibaudet, président et entraîneur du club de Vézelav, a présenté et analysé différents types d'ouverture sur le grand échiquier mural. Il se propose pour une prochaine réunion de jouer en simultanéité contre tous les membres du club (une trentaine de parties en même temps.)

 

Quelques jeunes de Joux la Ville devraient participer au 2ème trophée de Vézelay le dimanche 8 octobre. Ils auront l'occasion de côtoyer deux ou trois maîtres internationaux.

 

Une équipe de 4 élèves s'engagera dans le championnat scolaire. Rappelons les résultats très honorables obtenus l'année précédente par l'équipe : Thomas Christophe, Amand Loïc, Gavard Gérard, Lemaire Gabriel. Cette équipe est parvenue au titre de vice‑champion de Bourgogne et s'est classée 4ème sur 8 à l'occasion de la rencontre inter académique regroupant les académies de Dijon, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand.

                                                                                                              Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE PAGE D'HISTOIRE   

LE P’TIT JOUTIAT    N° 2    Le 25 octobre 1995

 

IL N'Y A PLUS DE SAISONS .....

 

Un orage épouvantable, venant du couchant, est venu fondre sur cette commune et y a causé des dégâts considérables. Commencé à 4 h 30 du soir, il n’a cessé qu'à 8 heures, la pluie et la grêle ont alterné sans interruption, jusqu' à trois fois, ce qui a été occasionné par les changements de vent qui avaient prolongé la durée de l'orage en le ramenant sur le pays. Les nuages touchaient la terre, le ciel était en feu et le tonnerre ne cessait pas. La pluie est tombée en trombe, ensuite des grêlons gros comme des noix sont venus s'ajouter à la frayeur des habitants.

 

Il est résulté de l'orage une inondation dont les effets sont désastreux, Toutes les vallées ont été ravagées ; dans certaines elle y a creusé des ravins profonds qui n'ont été arrêtés que par la roche dure, dans d’autres, elle a laissé des lits de pierres sur une épaisseur d'un mètre. Dans les collines, sur les coteaux, et même sur les terrains plats, la terre végétale a été emportée ; d'un autre côté, la grêle a saccagé les récoltes. Dans la partie basse du bourg, l'eau a pénétré dans 104 maisons et s'y est élevée jusqu'à deux mètres du niveau de la Grande‑Rue.

 

Plusieurs constructions ont été détruites en entier, tous les murs de clôture ont disparu ; environ 140 têtes de bétail, mulets, bêtes à cornes, ânes, moutons ou cochons ont été noyées ; enfin, mettant le comble à cet horrible tableau, Jean Bréchat, aubergiste, âgé de 63 ans, a péri sous les yeux de sa famille et de ses voisins, sans qu'il eut été possible de lui porter secours. Son corps n'a été retrouvé que le lendemain à Sacy, derrière un bâtiment.

 

Si, par hasard, cet orage était venu pendant la nuit, on aurait eu à déplorer un plus grand nombre de victimes, beaucoup d'habitants n'ont dû leur salut qu'en gagnant, au prix d'efforts inouïs, les greniers des maisons et les chaffaux des granges.

 

Le même orage a grêlé Précy le Sec où toutes les récoltes ont été perdues, les vignes hachées et quelques unes déracinées ; Sacy et Essert ont aussi beaucoup souffert mais à Villiers la Grange, le mal, en proportion, a été plus grand encore.

 

Les quatre maisons situées au pied de la colline ont été emportées avec tout le bétail qui se trouvait dans les dépendances ; le nommé Rebours et trois personnes de sa famille, qui s'étaient sur les chaffaux des granges, ont péri, le bâtiment ayant été emporté. Jusqu’au cimetière qui a été détruit ; des morts exhumés ont été retrouvés au loin.

 

Les journaux du temps ont rendu compte de cet orage affreux et les détails qui en furent donnés firent une impression douloureuse dans toute la France.

 

Une légende qui n'est pas encore disparue s'est établie sur les prétendues causes de ce cataclysme qui aurait eu pour genèse le renvoi, par la population, d'un prêtre qui exerçait dans la paroisse de Joux la Ville, ceci pour une cause qui n'est pas précisée.

 

A son départ, quelques temps auparavant, arrivant au sommet de la côte dite du "Meurger Barbier ", dominant le pays, il se retourna et aurait eu cette réflexion menaçante empruntée à la Bible : " Je secoue la poussière de mes chaussures contre ce pays, et il s'en rappellera."

 

Pour commémorer cette catastrophe, un monument surmonté d'une croix fut édifié à la sortie du village, près du cimetière, le socle portant l'inscription, gravée en majuscules dans la pierre

 

Le 30 juin 1820

Les eaux du ciel submergèrent

ces lieux les habitants

Sauvés par la protection divine

Et secourus par la munificence

du roi Louis XVIII

Et de son auguste famille

Ont fait ériger cette croix

Pour perpétuer le souvenir du malheur

Et des bienfaits de la reconnaissance.                                                     Sommaire

 

D'après Gaston HEURLEY et avec l'aimable autorisation de : "A la Recherche de L'Isle sous Montréal"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 3           Le 9 janvier 1996

 

UNE PAGE D’HISTOIRE

 

CHRONIQUE JUDICIAIRE

 

Arrêt rendu par le jugc de Joux La Ville, contre un habitant de Joux le Châtel qui s'était suicidé.

"Nous avons ledit deffunt Edme Crétey déclaré atteint et convaincu de s'estre déffait et homicidé soy‑même, s'étant pendu et étranglé avec une corde attachée à une solive dans la chambre haute de sa maison. Pour réparation de quoy, ordonnons que sa mémoire demeure éteinte et supprimée ;  et sera son cadavre attaché par I'exécuteur de la haute justice au derrière d'une charrette et traîné sur une claie la teste en bas et la face contre terre par les rues dudit lieu de Joux Le Châtel  jusqu'à la place publique... où il sera pendu par les pieds à une potence qui pour cet effet sera plantée audit lieu ; et après qu’il sera demeuré six heures, jeté a la voirie dans l’endroit où I'on jette les charognes et bestes mortes dudit Joux Le Châtel ; déclarons tous les biens dudit Edme Crétey acquis et confisqués..."

 

Autres temps autres mœurs, cela se passait en 1736                                                                           Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 4           Le 15 avril 1996

 

UNE PAGE D’HISTOIRE

 

1) ... ANNIVERSAIRE

C'est le 10 avril 1883 que fut inauguré le service télégraphique à Joux la Ville

 

2) A PROPOS DE L’ECOLE  (Fosse d’aisance et voisinage) 

 

               Requête à Monsieur le Préfet de I'Yonne de Monsieur P ........Noël

                                                       Qui expose

Qu’il possède et habite une maison située à Joux la Ville laquelle tient immédiatement à la maison d'école de la commune.

Dans le courant de l’année 1839, pour l’usage de I'une de ses écoles, celles des filles, la commune a fait pratiquer une fosse d’aisance d'où s'échappent des émanations qui rendent insupportable I'habitation de I'exposant.

Déjà au commencement de la campagne, I'exposant, qui a eu à souffrir du voisinage de la fosse dont il s'agit, à tel point que sa santé et celle de sa famille entière en a été compromise, a fait parvenir sa plainte au maire de la commune et à Monsieur le Sous‑Préfet de l'arrondissement.

Vérification faite, et après qu'il a été constaté que la plainte de I'exposant était fondée, I'usage de la fosse a été interdit. On pensait alors, que I'odeur infecte qui pénétrait d'une manière si intense dans l’habitation de I'exposant provenait d'un vice de construction de la fosse et on espérait que le sieur Thumereau de Vermenton qui en a eu l'entreprise y ferait travaux de complément nécessaires.

Il n'en a pas été ainsi, et rien n'a été fait. Dernièrement, le maire ayant autorisé de nouveau I'usage de la fosse, les effets signalés l’an denier se sont renouvelés avec les mêmes symptômes et les mêmes dangers.

Il n'appartient pas à  l'exposant de décider si le grave inconvénient résultant de la fosse, profonde d'un pied, en construction, et si, dans cette supposition 1'entrepreneur Thumereau est tenu d'y apporter remède. Ce que l’exposant éprouve lui suffit pour demander 1'entière suppression de ces fosses. Leur voisinage dans l'état actuel n'offrant pas une simple incommodité mais un danger réel pour la santé.

Dans cette position, il se propose de former contre la commune une demande devant les tribunaux ordinaires tendant à ce que les fosses d'aisance dont il s'agit soient supprimées. Il vous prie en conséquence de leur accorder 1'autorisation nécessaire en pareil cas selon la prescription de 1'article 51 de la loi du 18 juillet 1837.

   Et attendu qu'il y aurait un grave danger à ce que les choses demeurent en cet état, jusqu'à l’accomplissement des formalités requises, il vous prie, vu I'urgence, de vouloir bien donner l'ordre à qui de droit pour que la suppression qu'il demande soit provisoirement et immédiatement effectuée et vous y ferez justice,

   et il a 1'honneur, Monsieur le Préfet, de vous saluer respectueusement.

   Signé P...                    Joux la Ville le 1er novembre 1840                                                                          Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 6           Le 10 octobre 1996

 

LE MOT DU MAIRE (Extrait à propos de l’agrandissement et de la rénovation de l’école)

 

La rentrée de septembre a été pour nos enfants un temps fort. Les nouveaux locaux de l'école ont été livrés ;

cette réalisation envisagée dès avril 1989 par l'achat du terrain contigu à l'établissement existant a mis quelques années à mûrir déjà par la nécessité d'apprécier les effectifs scolaires sur une période moyenne suite à la mise en service du centre de détention, ensuite par l'obligation d'adapter les futurs locaux aux objectifs fixés par les nécessités scolaires et culturelles. Deux ans auront été nécessaires pour élaborer le projet définitif avec l'aide de l'architecte M. Pessard.  La construction a débuté en mars  1996 pour se terminer avec une quinzaine de jours de retard sur la rentrée scolaire. Mais !a compréhension de tous devant ce challenge qualité-temps a permis d’effectuer cette rentrée dans des conditions acceptables pour tous les acteurs et utilisateurs du projet.

Nos remerciements doivent aller également à tous les riverains de cette réalisation dérangés par les travaux et plus particulièrement à M. et Mme Magaud qui, en autorisant des ouvertures de fenêtres et le passage des entreprises sur leur verger ont apporté aux lieux une qualité environnementale exceptionnelle.

 

Le coût d'un montant de 3 700 000 F a été respecté. Seuls quelques petits aménagements techniques supplémentaires et des modifications en cours de chantier nous amèneront à un surcoût maximum de 20 000 F soit 0,5 % du prix prévu, cc qui est infime.

 

Les aides publiques, qui nous ont été accordées sont de 880 000 F dont 100 000 F du Conseil et 780 000 F de l'Etat par l'intermédiaire de fa Dotation 2ème part. La charge du solde est donc lourde pour !a Commune : 2 870 000 F, mais les prévisions sur 2 ans de cet investissement nous ont permis d'en régler une grande partie sur fonds propres. Seuls 500 000 F ont été empruntés sur 10 ans, limitant comme je l'ai toujours souhaité la dette communale au minimum. Un crédit de trésorerie, à 4.5% nous a permis de mettre en phase les depenses de construction et les capacités financières communales dans les périodes tendues. Versé et rendu au fur et à mesure des besoins, ce crédit apporte souplesse pour un coût très raisonnable. Nous y avons, ce jour, fait appel pour une somme de 500 000 F, rendue 10 jours après, le rééquilibrage de la trésorerie communale s'étant effectué rapidement.          

                                                                                                                                                            Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques réactions d’élèves à propos de l’agrandissement et la rénovation de l’école

 

Le P’tit Joutiat       N° 6          Le 10 octobre 1996

 

Moi je dis : quelle classe, cette école !  Matthieu R

Ce qu’il faudrait faire, c’est un bar restaurant ! Cool  cette école ! Aliocha

Alors vous en pensez quoi de mon école ? Au fait, moi je l’aime !  Mathieu P

Je trouve qu’elle est futuriste... Ce qui serait bien, c’est qu'on donne un nom à 1'ecole. Sébastien B

Cette rentrée fut extraordinaire !  Enfin cette cette école est fantastique !    Cécile

On a un robinet dans la classe. Il y a de nouvelles toilettes.   Régis

La bibliothèque a un grand vitrail qui représente des personnages de La Fontaine.   Pauline

Le maître est très gentil !   Emilie

Quand il pleut on peut faire du sport dans la salle polyvalente. Les petits ont une fontaine pour se laver les mains.  Michaël S

Dans la salle polyvalente on peut regarder la télévision.    Angélique

A l’école, on s'amuse bien.   Alexandra

Nous avons une grande cour pour mieux jouer, e'est chouette ! Alexandre V

La salle est merveilleuse. On peut tout y faire ! On a des lumières au tableau.   Damien

Les lumières sont belles ! Jean‑Patrick L

La bibliothèque est ronde.  Alexandre B

Dans la nouvelle école, il y a de la place, beaucoup de lumières, une salle avec dix radiateurs ! Vincent

Enfin, c'est une école formidable ! Pauline R

Mais ce que j'ai aimé, c'est la bibliothèque.   Rémy G                                                                                 Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 8           Le 20 avril 1997

 

Animation anti‑drogue à l’école

 

Courant avril, les élèves de CE2, CM1 et CM2 ont assisté à une séance de sensibilisation concernant les dangers de la drogue.

 

Un Gendarme spécialisé leur a présenté un document vidéo, des photos de différentes sortes de drogues sous diverses présentations et du matériel utilisé pour la consommation de ces produits. 11 a également répondu aux questions fort nombreuses de I'auditoire.

 

Suite à cette séance les élèves ont écrit un petit texte dont nous vous proposons quelques extraits.

 

Rémy CE2 : J’ai trouvé que les photos qu'il nous a montrées étaient plutôt dégoûtantes et que je ne voudrais pas être atteint par la drogue. Le film qu'on nous a montré était malheureux, mais c'était pour nous prévenir. Quand je serai en 6ème, je ferai attention.

 

Mathieu CM1 : Voir quelques images de ce que peut faire la drogue sur un être humain est incroyable ! Cela vous mange et ça vous dit d'en reprendre. Jusqu'à ce que le malheur arrive. Un jour, de votre nez coulera du sang. Faites attention car cela se transmet facilement.

 

Vincent CM 1 : La drogue peut facilement tuer quelqu'un. Il ne faut jamais prendre de la drogue sinon on risque de mourir. A moins qu’on arrête. II ne faut pas se laisser tenter."

 

Pauline CM1 : " Un Gendarme nous a montré une cassette vidéo et J’ai compris que quand on vend de la drogue, on s'enrichit et on fait du mal aux autres. 11 nous a expliqué qu'il ne fallait pas en prendre car on risque d’en mourir."

 

Soizic CM2 : La drogue c'est quelque chose de dangereux. 11 ne faut pas tenter les autres quand on en prend parce que les autres vont tenter les autres et si c'est ça toute la France va être contaminée par cette chose. Si quelqu'un fait une overdose, il en meurt que ce soit de 1'huile, des cigarettes, des pilules ou des seringues : Rien ne change, on en meurt quand même. Ne pas toucher à ça.

 

Jean Patrick CE2 :  La drogue c'est une chose très dangereuse. On a vu un film pour voir qu'il ne fallait pas en prendre.

 

Damien CE2 :  La drogue c'est très dangereux. Si on en prend on ne peut plus s'en passer. On peut en mourir. On a regardé des photos, ce n'était pas beau à voir.                                                                                           Sommaire                                                                                                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le P’tit Joutiat       N° 8           Le 20 avril 1997

 

ON RECHERCHE...

 

Dans le numéro 6 du P’tit Joutiat, un avis de recherche avait été lancé concernant un personnage dont la photo avait été publiée. Une réponse nous est proposée : il s'agirait de Célestin BOURDILLAT, né le 28 décembre 1835 et décédé le 8 janvier 1917. 11 était le fils de Bourdillat Aubin et de Carré Josette. 11 est né à la Poste aux Alouettes et est mort à Couchenoire où il vécut seul une grande partie de sa vie. 11 n'eut jamais ni montre ni horloge et vivait avec le soleil.

 

Vers la fin de sa vie, il eut un chien pour toute compagnie, vieillissant et n'ayant plus de ressources, il demanda une aide à la Commune de Joux la Ville qui la lui octroya à condition qu'il tuât son chien.

 

C'est sa nièce Léontine Marceau, épouse de Jean Baptiste Collin, qui s'occupait de lui. A sa mort, il fut vei1lé par ses deux petites nièces âgées de 17 et 19 ans, Camille Collin et Eugénie Sautereau natives du Val de Mâlon.

 

A son enterrement, il y avait deux prêtres, un aumônier militaire qui vraisemblablement était en permission à Joux la Ville et le curé de Joux, qui avait refusé de 1'enterrer car le défunt n’avait pas d'argent. L’aumônier s'est proposé de célébrer gratuitement, le curé de Joux la Ville n’a pu faire autrement que d'officier avec 1’aumônier, si bien que le pauvre Bourdillat Célestin eut une belle messe avec deux prêtres, événement assez inhabituel.

                                                                                                                                                                            Sommaire

                                                                                           

                                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 9           Le 10 juillet 1997

 

UN PEU D’HISTOIRE

 

CHEMIN DE CROIX DE GROGNARDS, EN ESPAGNE

 

Sur la petite route qui va de Joux La Ville au Val de Mâlon, à l’orée d'un petit bois, se dresse, au bord de la route, la Croix PIFOUX.

 

Ce monument a été érigé en 1' an1819, comme l’atteste l’inscription portée en bas de la colonne, en mémoire de Edme PIFOUX et de son épouse, ainsi qu' à la mémoire de leur fils décédé en 1812, à l’île de CABRERA en ESPAGNE. Cet îlot fut tristement célèbre par les souffrances qu'endurèrent les prisonniers français de 1808 à 1813. Cette croix perpétue également le souvenir de 17 autres jeunes Joutiats qui y trouvèrent une mort horrible.

 

Pourquoi cet emplacement ? I1 est à supposer que le Val de Mâlon a payé très cher la guerre, par le nombre des disparus, et que l’endroit était favorable pour rappeler aux générations d'enfants qui se sont succédé et qui passaient là, deux fois par jour, pour se rendre à l’école, le sacrifice suprême de leurs aînés.

 

Inscription figurant sur deux faces du socle :

 

Cette croix a été érigée à la Gloire de Dieu et à la dévotion de Edme Pifoux et Françoise Gautherin son épouse et en mémoire de François Pifoux, leur fils, décédé en Espagne le 15 octobre 1812.

 

                                               d'après G. Heurley

et l’autorisation de la revue  "A la recherche de I'Isle sous Montréal"                                                      Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 12           Le 7 mai 1998

 

UN PEU D’HISTOIRE 

 

UN GENIE DE L’ABONDANCE A JOUX LA VILLE

 

A la suite de diverses découvertes dans les hameaux de "Fontemois", Couchenoire et Pourly, I'Abbé DUCHATEL nous relate la découverte de ce GENIE.

 

... Un habitant de Val de Mâlon me signala l’existence d'une cave, sur le plateau qui domine le Hameau, au lieu‑dit "1es Bouchies". Ce vigneron avait découvert une excavation en arrachant les buissons qui couvraient un vieux chemin. Assez longtemps réticent, pensant qu’i1 s’agissait d’une vieille cabane de vigne, je me suis finalement rendu sur les lieux….

Sur place, j’ai pu recueillir les témoins indiscutables d’un établissement gallo‑romain  

Un sondage pratiqué à l’endroit présumé de la cave a prouvé la réalité de son existence. Elle semble de petites dimensions, environ 2m50 sur 3m50, elle possédait une petite niche pour y mettre des vases. Les nombreux "meurgers" qui sont près de cet endroit ont été formés, au moins en partie par les démolitions de la villa "rustica", à en juger par les débris de tuiles et d’amphores qu’on y trouve.

 

Le vigneron qui avait découvert la cave avait rebouché son trou avec des pierres. Laissant à côté la terre qu' il en avait sortie. Bien inspiré, j’ai repris cette terre et c’est elle qui m’a livré la statuette du GENIUS CUCULLATUS", avec une clé en fer, dite "laconienne", avec un gros bronze, très bien conservé d' ANTONIN LE PIEUX, une pièce en argent de SEVERE, la moitié d'une jatte, à glaçure rouge, à usage de mortier, avec déversoir à gueule de lion.

 

La statuette est en calcaire dur, haute de 7 cm et ayant 4cm5 dans sa plus grande largeur. Elle pouvait faire partie d’un groupe qui réunissait, peut‑être les divinités domestiques de la ferme, ou elle comportait seulement un socle, en effet, à sa base, elle porte les traces d’une cassure. Le personnage n’a pas de jambes, son corps tout entier est couvert d’un manteau, muni d’un capuchon. La main gauche tient la base d’une corne d’abondance, qui se recourbe vers le haut pour être maintenue par la main droite.....

 

                                                                   D’après L’ABBE DUCHATEL                                                          Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 15           Le 8 janvier 1999

 

UN PEU D' HISTOIRE ou de petite histoire de Joux la Ville, Il y a un siècle et demi. 

 

Délibération du Conseil municipal de 1852

 

Les soussignés membres du conseil municipal de la commune de Joux la Ville, dans le but de s'obliger à assister régulièrement aux séances ont arrêté le le règlement intérieur qui suit

 

Article 1,

Les membres du conseil qui ne se présenteront pas une demi ‑ heure après celle de la convocation, seront passibles des amendes ci‑ après fixées.

 

Article 2

Tout membre qui dûment convoqué ne fera pas savoir, avant la réunion, par une lettre écrite à M. le Maire, qu’i1 ne pourra assister à cette réunion, sera tenu de verser UN franc d'amende.

 

Article 3

Une amende de 50 centimes sera prononcée contre le membre qui, convoqué, ne se présentera pas à la séance, pour quelque motif que ce soit, sauf le cas de maladie dûment constaté, pareille amende sera prononcée contre le membre qui, présent à la séance, la quittera sans 1' autorisation du Maire, donné sur I'avis du conseil.

 

Article 4

L’amende sera double, contre le membre de l’administration chargé de présider le conseil, et contre le secrétaire.

 

Article 5

Les convocations pour les sessions ordinaires seront faites au moins six jours à 1’avance, et pour les sessions extraordinaires, au plus tard le lendemain de la réception de l’autorisation de convoquer le consell.

 

Article 6 et dernier

Le produit des amendes sera recouvré par les soins de M. Delétang Calixte, nommé trésorier, et servira à la dépense d'un banquet qui aura lieu chaque année le jour de la fête de St Napoléon.

 

Fait et arrêté aujourd'hui 14 Novembre 1852.

 

Signatures : Dumond, Oppeneau, Marsigny, Rétif, Périgot, Ducrot, Gallard, Collin, Rétif Pompagnol, Boulotte , Retif Galien, Q… ?

                                                                                                                                                            Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 15           Le 8 janvier 1999

 

Les sollicitudes de l'Administration

 

Avallon, le 12 Juin 1832

 

Monsieur le Maire

 

Au milieu de la consternation où votre commune doit se trouver nécessairement placée par le nombre de victimes que I'Epidémie a déjà faites dans son sein, l’Administration ne doit pas elle‑même perdre courage et négliger en quoi que ce soit, I'accomplissement de ses devoirs et de ses obligations, elle doit, au contraire, dans les moments les plus difficiles, se montrer plus attentive et plus active que jamais, dans tout ce qui peut intéresser ses administrés.

 

Cela me conduit à vous demander, M. le Maire, si le cimetière de votre commune est maintenant suffisant pour les sépultures et si la distance et la profondeur des fosses, prescrites par le décret du 23 Prairial an XII, ont été sévèrement observées surtout depuis l’invasion de l’Epidémie.

 

Dans le cas contraire, il serait urgent et même indispensable, que vous vous concertassiez immédiatement avec le conseil municipal…Vous vous occuperiez ensuite et dans un très court délai, de faire placer et répandre dans les fosses des cholériques, une quantité suffisante de chaux vive.

                                  Le Sous‑Préfet d'Avallon                                       Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 16           Le 30 avril 1999

 

UN PEU D’HISTOIRE

        

Le paradis sur terre, selon Restif de la Bretonne

 

OUDUN ou OUDIN ou HOUDIN, (ODUNUM au X11cme siecle)

 

Cc hameau est situé près d'une fontaine à trois kilomètres au Nord‑Est de JOUX LA VILLE dans un vallon isolé. II ne comporte que quelques maisons et le bâtiment dcnommé "LA GRANGE D’OUDUN" qui date du XIIème siècle.

 

Rappelons que le mot "grange" désignait un lieu, dépendant d'une abbaye mais éloigné de celle-ci, où vivaient et travaillaient des moines convers.

 

D'après Victor PETIT, c'est à OUDUN qu'aurait été établi au VIIème siècle le premier oratoire du pays dédié à Saint Pierre. 11 aurait été desservi par des Bénédictins qui se seraient ensuite installés à JOUX en la Chapelle Notre‑Dame.

 

D'autres sources précisent que des terres situées à OUDUN furent données aux ermites du monastère (Bénédictins, et Cisterciens à partir de 1128) de FONTEMOY (près de JOUX) par Landry et Elisabeth de PREY en 1118 et par Etiennc de POILLY. En 1134, FONTEMOY fut transféré à REIGNY et en 1164, le pape ALEXANDRE Ill mentionne OUDUN dans un privilège concernant REIGNY. Mais les documents ne permettent pas de savoir avec certitude si au XIIème siècle, OUDUN était une grange dépendant de REIGNY (hypothèse la plus vraisemblable), un prieuré (selon Victor PETIT) ou un monastère.

 

La "Grange D’OUDUN" échappa à la destruction des biens de I'Eglise en 1790 et devint une exploitation rurale au prix de quelques aménagements qui sauvegarderont cependant I'essentiel du bâtiment.

 

Une chapelle a probablement existé mais elle aurait été détruite au temps de la ligue. De 1'ensemble des bâtiments monastiques, il ne reste qu’un superbe édifice de 20m x 10m. Le rez de chaussée est magnifiquement voûté avec des colonnes et de beaux chapiteaux à crochets. 11 est éclairé par des baies percées dans les murs et gouttereaux qui ont 1m 50 d'épaisseur. L’étage etait (mais ne l'est plus) également voûté. Le départ d'une voûte en berceau est encore visible.

 

On ne connait pas avec certitude la fonction première de cc bâtiment. Avait‑il un usage agricole ? Le soin apporté à son décor se retrouve dans d'autres bâtiments fonctionnels telles les forges de FONTENAY. Au vu d'exemples conservés en d'autres lieux, on peut raisonnablement écarter I'idée d'une grange proprement dite ;  les divisions du volume intérieur, la relative étroitesse des travées et des portes et 1'existence de fenêtres, s'adaptent mal au stockage des récoltes et à la circulation des chariots.

On peut penser plus vraisemblablement que I'étage servait de dortoir et le rez de chaussée de réfectoire ou de salle capitulaire. Dans la " Description des vi1les et Campagnes de l’Yonne" de Victor PETIT éditée en 1870, figure un dessin de la façade, du "prieuré", une vue perspective de I'une des travées et un plan.

 

Depuis 1870, le bâtiment a subi quelques dégâts ; des contreforts ont disparu, une partie la salle voûtéee du rez de chaussée a été comb1ée sur plus d'un mètre, enterrant les bases des colonnes, deux voûtes se sont ebou1ées ; des ouvertures ont été percées. L'ensemble, bien qu'encore majestueux, menace ruine.

 

Souhaitons que cette remarquable architecture du XIIème siècle, qui témoigne de la qualité des artisans et des maîtres d'oeuvre de cette époque, puisse être sauvée.

 

Outre cette "grange" et la découverte de sarcophages et de divers vestiges, OUDUN se distingue par un fait inattendu. Dans un essai, I'écrivain RESTIF de la BRETONNE situe le Paradis sur Terre à ... 0UDUN !

 

Avec les remerciements à Pierre LEFEBVRE et à  "A la recherche de 1’Isle sous Montréal".

 

SOURCES : Victor PETIT, Pierre HAASE, Abbé Marcel TERRE, Denise BORLEE, Terry1 KINDER, Exposition "Les Cisterciens dans 1Yonne" Pontigny

                                                                                                                                                      Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 18           Le 24 octobre 1999

 

UN PEU D'HISTOIRE

 

Histoire du Presbytère (1er chapitre)

 

Ce jourd'hui quinzième jour du mois de septembre mil sept cent cinquante quatre à l'heures des vèpres célébrées & chantées dans l'église Notre Dame de Joux la Ville, est comparu pardevant nous, Jacques GARNIER, bailly de Joux la Ville, Joseph Coveneau, syndic de la paroisse de Joux la Ville, lequel nous avait dit qu'en vertu d'un mandement à lui envoy le jour d'hier par Monsieur Morin, subdélégué de Monseigneur l'Intendant de la Généralité de Paris, il avait convoqué l'assemblée des habitants dudit Joux la Ville au son de cloche & à la, manière accoutumée & au devant du cimetière de l'église dudit Joux la Ville pour que les habitants assemblés à ladites place eussent à délibérer sur ledit mandement. Lesquels habitants, comparaissant par ledit Joseph Coveneau syndic, le sieur Guillaume Barbier officier au grenier sel de Vézelay demeurant audit Joux la Ville, Jacques Dupuit, tonellier, Jean Bourcier, laboureur demeurant au petit Veaudelanay paroisse de Joux, Jean Restif marchand, François Périgot aussi marchand, Claude Bouver vigneron, Jacques Moitier manouvrier, Christophe Martineau marchand, Bénigne Restif aussi marchand, Paul Collin manouvrier, Pierre Riotte blaitoyer, Paul Garnier laboureur, Jean Boursier laboureur, Edme Rouevas aussi laboureur, Edme Mailleret vigneron, Jean Boudin vigneron, Jacques Riotte aussi vigneron, Joceph Bourcier vigneron, Jacques Périgot l'aîné laboureur, Pierre Regnard aussi laboureur, Renet Coueu laboureur, Louis Sonnois vigneron, Georges Maltet vigneron. le Sieur Guillaume Québoulle ( ? ? ), Jacques Rouard vigneron, Nicolas Roueval aussi vigneron, & Edme Bouvaut aussi vigneron tous demeurant audit Joux la Ville & Joux le Chatel, faisant & représentant la plus grande & saine partie desdits habitants, après avoir pris lecture dudit mandement, par lequel ils reconnaissent la bonté de Monseigneur l'Intendant qu'ils supplient de vouloir bien leur continuer, lesdits habitants ne voyant quand à présent d'autres logis d'amodiation pour le prix fixé par mondit Seigneur l'Intendant que celui que possède actuellement sieur le curé qu'il tient d'amodiation de sieur Jacques Guiot Chevugieu en ce lieu, mais qu'il se présente une occasion qu'il convient de se saisir promptement qui est la maison du sieur Jean Chauchon située à Joux le Chatel éloignée de l'église à la vérité de trois cents cinquante pas ( ?) dont le prix est seulement de cent pistolles & dont les réparations pour la mettre en parfait état ne monteront pas plus de huit cents livres, qui est un prix bien inférieur à celui de quatre mille qui avaient été accordées audits sieur curé pour faire batir un presbytère, & où il n'y aurait pas en tout de logement qu’il n'y en a dans celui dudit Chauchon, qui consiste en £rois chambres dont deux très grandes, deux cours, une grange magnifique, une grande écurie pour tenir vingt chevaux, & une autre pour en tenir dix, un grenier, une belle cour poulaillier, une écurie à porc, deux jardins & enclos & un puits dans la cour & une auge proche icellu, lequel batiment avec les réparations ne reviendront au plus qu'à dix huit cent livres réparations faites, pourquoi les susdits habitants supplient sa Grandeur de faire attention singulière que ce serait plus de deux mille livres de profit pour lesdits habitants, mais qu'il convient presser la chose pour ne pas échapper.

 

De tout ce que dessus avons donné acte ausdits habitants, & se sont tous lesdits habitants soussignés avec ledit Coveneaau syndic, nous & notre greffier à la réserve de ceux qui ont déclaré ne savoir signer, de ce enquis & interpellés suivant l'ordonnance la minute des présentes est signée : J. Coveneau sindic, Barbier, Dupuit, J. Boursier, Jean Restif, F. Périgot, C. Martineau, B. Restif, J. Boursier, E. Rouevas, Mailleret, P. Naulin, J. Boudin, J. Riotte, J. Boursier, G. Carquille, Garnier juge susdit & Vestier greffier soussigné. Vestier, Greffier.

 

(A suivre au prochain numéro)                                                                       Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE P’TIT JOUTIAT        N° 19                   Le 01 janvier 2000

 

Le presbytère (suite)

 

A M. Bertier

pour m'en parler ( ?)

    Monsieur

 

Aussitôt mon retour à Paris j'ai été pour avoir l'honneur de vous voir & vous rendre compte des manoeuvres du sieur Bonnamour, curé de Joux la ville ; lequel a surpris votre religion a pour avoir extorqué un acte d'assemblée des habitants de Joux par lequel ils consentent qu'on lui batisse un presbytère, il a fait plus car par le même acte il a fait dire aux habitants, contre toute vérité, qu'il n'y avait aucune maison à vendre, ni à louer, comme vous êtes le père des peuples, trouvez bon, en qualité de seigneur en partie de Joux, que je m'adresse à vous pour vous représenter la misère de ces gens qui ont été grèlé plusieurs années de suite, & qui sont enfin surchargés d'impôt de toutes espèces, & qui sont à la veille d'en supporter de nouveaux attendus la guerre présente, toutes ces raisons m'ont obligé à former opposition à l'adjudication de cette maison, espérant que vous voudrez bien ordonner un sursis encore pour quelques années & en attendant continuer au sieur curé le paiement de soixante livres ordinaires pour son logement pendant lequel temps les habitants prendront des mesures sous votre bon plaisir & avec votre agrément, pour acquérir une des maisons qui sont à vendre dans la paroisse, je suis d'autant plus persuadé que vous voudrez bien y donner les mains, qu'en faisant cet achat tous achat tous droits & réparations payées cette acquisition ne passera pas plus de deux mil cinq cents livres ce qui soulagera beaucoup cette paroisse dont l'adjudication de la batisse neuve monte a plus de quatre mille livres, le sieur curé rejettera toujours cet expédient étant entèté d'avoir une maison neuve, peut être ainsi y a t il son intérêt particulier. mais ce n'est pas lui qu'il faut consulter, c'est le bien & l'avantage des peuples dont l'intérêt vous est cher & pour le bien duquel vous inclinez toujours. Je joins ici l'acte d'assemblée des habitants de Joux de 1749 (contraire ?) à celle que le sieur curé a extorquée, je me flate que vous aurez égard à mes justes représentations & comme père des peuples voudrez bien mettre un frein à l'indiscrétions & l'entêtement de ce curé qui ne cherche qu'à se satisfaire sans consulter le bien & l'avantage de ces malheureux.

 

J'ai l'honneur d'être avec un bien respectueux attachement

Monsieur

votre humble & très obéissant serviteur d'ARCY sous aidemajor des mousquetaires noirs.

 

 

A l'hotel des mousquetaires noirs faubourg St. Antoine à Paris                       Sommaire

le 17 aôut 1756.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 26           Le 4 juillet 2002

 

UN PEU D’HISTOIRE

 

Liste des maires de JOUX LA VILLE de 1789 à nos jours                                                        Sommaire

 

1790

GUYOT Jean-Jacques

1837

RIOTTE

1922

DELETANG Emile

1790

NOIROT

1838

DELETANG Edme

1927

GAUTHERIN Auguste

1791

MARSIGNY Edme

1841

BOULLOTTE Jean-Baptiste

1935

CARRE Adrien

1792

BONNARDOT Jean-Baptiste

1843

DELETANG Calixte

1945

CARRE Adrien

1793

CUNAULT Lazare

1846

RETIF Pierre

1947

DELANOUE Armand

An II

RIOTTE Joseph

1855

CHALLAN Emile

1953

DELANOUE Armand

An IV

MASSIGNY Edme

1868

RETIF Emile Ferdinand

1957

PINSON Marcel

An IV

COLIN Louis

1871

DUCROT Jean

1965

CARRE Edme

An V

RIOTTE Jean

1876

PERIGOT Auguste

1971

GUEUNIOT André

An VII

ROLLAND Jean-Baptiste

1878

RETIF Achille

1983…

LEMAIRE Jean-Claude

1800

LEBLANC Jean

1881

PERIGOT Auguste

 

 

1815

RAOUL Pierre-Cyr

1884

RETIF Jules

 

 

1816

DELETANG Edme

1891

PERIGOT Auguste

 

 

1830

COMPAGNOT Jean-Baptiste

1896

RETIF Jules

 

 

1831

RAOUL Pierre-Cyr

1902

BOURSIER Henri

 

 

1836

COMPAGNOT Edme

1906

MADELENAT Emile

 

 

1836

PERIGOT Jean-Baptiste

1908

JACQUES Justin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le P’tit Joutiat           N° 26           Le 4 juillet 2002

 

PAROLES DE JOUTIAT
 
Le Val de la Nef… une vallée au bout du monde…

 

Tous ceux qui ont vu les brumes matinales s’y étirer avant de disparaître en fumerolles vous le diront : le val - c’est ainsi qu’on l’appelle ici – est un petit coin de paradis. Un lieu où le temps semble s’être arrêté et où la nature champêtre et sauvage exerce un charme aussi puissant qu’indéfinissable.

 

Du latin « navis » (11ème siècle), Nef signifie « navire » et par extension ou plutôt par analogie de forme, indique la partie comprise entre le chœur et le portail d’une église. Dénommé « Vau de lanet » ou « Val de lannay », l’orthographe a certes changé au fil des ans mais pour les natifs, qui ne prononcent pas le « f », son nom est resté le même.

 

De son histoire ancienne, on ne connaît que les tumuli et calvaires qui signent leur époque à la croisée des chemins. De son histoire récente, nous en savons un peu plus. Dans son ouvrage « la chasse dans la forêt d’Hervaux en 1900 » Georges HEURLEY, qui compte une trentaine d’habitants pour le seul hameau de Grand Val de la Nef, évoque la mémoire d’un homme réputé pour courir les bois en pleine nuit.

Au service de la société de chasse d’AVALLON, il était chargé de repérer le gibier et le faisait scrupuleusement, chaussé de simples sabots et armé d’une seule lanterne à quatre verres et à bougie. On imagine aisément l’impression qu’il faisait à une époque où pour une population encore très superstitieuse, la nuit était encore peuplée de fantôme, de jeteurs de sorts et autres personnages inquiétants. Ses conditions de vie étaient misérables et pourtant, comme ses probables descendants aujourd’hui, il menait la vie qui lui plaisait.

C’est peut-être cela « le Val ». Un lieu où l’on cultive les bonheurs simples, tout comme ces pommes qui ont eu leur heure de gloire avant que marché ne soit réduit à néant par l‘arrivée de la « golden » et qui aujourd’hui encore offrent le rituel automnal du cidre, de la tarte et du ratafia.

 

En dépit de leur isolement, les « vaux de la nef » qui se dépeuplaient depuis deux décennies, ont vu récemment leur population augmenter. Aujourd’hui, le Petit Val et le Grand Val de la Nef comptent une vingtaine d’habitants, chiffre qui peut doubler voire tripler pendant les week-end et les vacances.

L’esprit du Val de la Nef c’est aussi la solidarité. On sait qu’on peut compter les uns sur les autres… Certains diront que c’est un « esprit de clan » mais si on est petit ou grand Valois avant d’être joutiat, cela n’empêche pas une participation assidue à la vie de la commune via ses représentants au conseil municipal. La réunion du 1er juin où tous sont venus (sauf deux qui se sont excusés) témoigne ainsi à la fois de l’esprit citoyen et du sentiment très fort d’appartenir à une même communauté.

 

Au Val, on aime aussi le silence de la forêt qui entoure les hameaux comme muraille. « Parfois, lorsque le vent s’y prête, on perçoit au loin les cloches de JOUX ou de Lucy…Parfois même, le sifflement de la micheline ou de l’autoroute (à la fois si proche et si loin). Mais bien vite, la nuit recouvre le Val de son silence à peine troublé par les dames blanches, tandis que, du haut de son poteau téléphonique, la buse surveille, impassible, l’unique route d’accès.

 

                                        Une Valoise.                                                                Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 28           Le 17 juin 2003

 

Tour de France : mode d’emploi

 

 

Les routes du circuit du Tour de France, à savoir le CD 944 de TONNERRE à JOUX LA VILLE et le CD 32 de JOUX LA VILLE à PRECY LE SEC par la Rue Reigny, seront interdites de circulation le jeudi 10 juillet 2003 de 13 heures à la fin de la course soit environ 15 heures.

 

Il est préférable d’abandonner vos véhicules pendant cette tranche horaire.

Les agriculteurs, s’ils sont en moisson, ne pourront pas non plus emprunter ce trajet avec leur engins, ils leurs appartient de prendre leurs dispositions.

 

Les rues de JOUX croisant le circuit seront gardées par un ou des gendarmes, des barrières y seront installées.

 

Si vous êtes intéressé à participer à cette manifestation, allez-y de préférence à pieds, l’emplacement le plus favorable se situant sur la route de PRECY LE SEC entre la Route d’Essert et le chemin de Beaune.

En fonction des récoltes déjà effectuées, nous essaierons d’y organiser un parking pour les véhicules.

 

La caravane publicitaire arrivera à 13 heures 20 et durera 40 minutes, après une attente d’environ 15 minutes, vous verrez arriver les cyclistes vers 14 heures 15. Une voiture de gendarmerie et quatre motards clôtureront l’épreuve vers 14 heures 45-15 heures ; à ce moment, l’arrêté d’interdiction de circuler sur ces voies sera levé.

 

IMPORTANT

Interdiction formelle de stationner depuis l’entrée de JOUX le long du CD 944 à la sortie de JOUX par la Rue de Reigny et jusqu’à la route d’Essert.

Faites le savoir autour de vous !!

 

Attention aux enfants qui pourraient avoir envie de traverser la route pendant le passage de la caravane et/ou de la course.

 

Attention aussi à ne pas oublier les mesures de prévention contre la déshydratation et les insolations !!

Buvez de l’eau et n’oubliez pas les chapeaux et casquettes,

Et s’il fait vraiment trop chaud, faites regarder l’épreuve aux tous petits à la télé.

 

Bonne journée à tous.                                                                                                                                        Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le P’tit Joutiat       N° 34           Le 8 septembre 2004

 

Au revoir Mimile

 

Le 23 juin dernier disparaissait Emile Marsigny. Mimile, pour tous, laisse le souvenir d'un homme qui durant toute sa vie aura voulu être au service des autres. Conseiller municipal durant 24 ans, pompier, facteur occasionnel et sacristain, ces activités venaient en plus de son métier de cultivateur. C'est dans les fonctions de sacristain que durant des années il «réveilla» la population avec les cloches qu'il savait manier ‑ avant leur électrification ‑ avec dextérité, annonçant ainsi bonnes et mauvaises nouvelles.

Animateur enthousiaste dans toutes les manifestations du village, il avait toujours une bonne histoire ou une chanson pour mettre de l'ambiance.

Sa disparition nous attriste et laisse un vide dans la vie de la commune. Que son souvenir reste présent en chacun de nous.                                                 

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La cloche civique

ou les petits riens amènent de grandes conséquences…

 

 

Il faut savoir qu’à cette époque le découpage administratif était fort différent de ce qu’il est actuellement. Joux la Ville était chef-lieu d’un canton qui comprenait notamment Massangis, Précy-le-Sec, Voutenay, Lucy-le-Bois et Saint-Moré.

 

Séance du vingt messidor an six de la République une et indivisible,

tenue par les citoyens Cheru, président ;

Pretot, Rétif, Rameau, Courcely, agents municipaux ;

Laperton, Commissaire du Directoire exécutif ;

et Robert, secrétaire.

 

De la lettre de l’Administration centrale, qui prescrit aux Administrations municipales de célébrer la fête du 14 juillet ;

le Commissaire du Directoire exécutif entendu ;

l’Administration arrête que la fête commémorative du 14 juillet sera célébrée le 26 messidor, jour correspondant au 14 juillet de la présente année. Tous les citoyens se réuniront au chef-lieu de canton pour la célébration de cette fête.

 

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Aujourd’hui, 26 messidor an six de la République française une et indivisible, l’Administration municipale du canton de Joux en la salle ordinaire à tenir ses séances, composée des citoyens Cheru, président ; Pretot, Rétif, Rameau, Courcely, agents municipaux ; Laperton, Commissaire du Directoire exécutif et Robert, secrétaire. Sont entrés le juge de Paix du canton, son greffier et leur assesseur.

 

L’administration de la justice de paix s’est mise en marche pour la cérémonie. La garde nationale était rangée sur deux rangs. Arrivés à l’arbre de la Liberté, des hymnes républicains ont été chantés.

 

De là, on s’est rendu au temple de la raison où des discours ont été prononcés par le président de la Commission du pouvoir exécutif.

 

Des jeunes gens ont prononcé la Déclaration des Droits de l’Homme et les devoirs du citoyen. Le temple a retenti des chants et des hymnes chéris de la République. De tout quoi on a rédigé le présent pour être adressé au Département.

 

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Séance du même jour.

Le Commissaire du Directoire exécutif a dit :

 

Vous savez, Citoyens, que la Loi, les instructions du Ministre de l’intérieur et les arrêtés du Département vous prescrivent impérieusement de faire annoncer les jours de décade par le son de la cloche civique. Plusieurs fois, vous avez eu la douleur de voir l’inexécution de ces ordres parce que personne ne voulait sonner sous prétexte qu’il n’existait aucun émolument attaché à cette partie.

 

Le citoyen Jean Boulotte, charron, demeurant dans la commune de Joux, s’est soumis le 15 de ce mois de se charger de sonner la cloche civique les décades et le jour de la fête nationale. Son civisme vous est connu ; en conséquence, je vous invite à le nommer sonneur de la cloche civique de la commune de Joux, à la charge pour lui de la sonner aux jours et heures que vous allez lui indiquer par votre arrêté et de lui fixer une somme qui lui sera payée annuellement par la commune de Joux, au montant fixé qui vous sera indiqué par l’Administration centrale. Je vous invite donc à délibérer.

Fait quoi, faisant droit.

.............................................................................

 

Lors de son retour, le Commissaire du Directoire exécutif rendit compte de sa mission et il fut décidé que tous les sonneurs de la République percevraient un émolument pour leur dévouement.

Archives départementales.                                  Présenté par Daniel Fraisse                  

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Histoire des écoles officielles de Joux la Ville                                                                 

 

L'histoire des écoles officielles commence le 29 mai 1835 par un arrêté du sous préfet d'Avallon concernant le projet d'acquisition, par la commune, d'une maison pour la maîtrise d'école.

Le 7 juin de la même année, le Commissaire nommé par le sous-préfet se rend dans la commune pour savoir si le bâtiment prévu convient ou non pour l'établissement de la maîtrise d'école.

Pour cela, il se rend à midi dans le local servant de mairie pour y rencontrer le maire et les conseillers municipaux qui sont reçus un à un et écrivent et signent chacun leurs observations: à l'unanimité le bâtiment est jugé "convenable, propre, etc..." Le soir, le commissaire s'est présenté chez Monsieur Nicolas Moine qui remplira les fonctions d'instituteur, pour lui demander également son avis qui est très positif. Ces opinions recueillies, le commissaire rédige son rapport qui aboutit au décret royal suivant :

 

Paris le 19 octobre 1835

 

LOUIS-PHILIPPE, ROI des FRANCAIS

A tous présents et à venir, SALUT

                                                                                                                                                                                              Sommaire

Sur le rapport de notre Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur,

Le comité de l'intérieur de notre Conseil d'Etat entendu,

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:

 

Article 1er

La commune de JOUX LA VILLE (Yonne) est autorisée à acquérir des héritiers de la Dame Boursier, aux clauses et conditions stipulées dans la promesse de vente du 8 mai 1834, et moyennant la somme de SIX MILLE FRANCS, montant de l'estimation, UNE MAISON destinée à y établir l'école communale.

Le prix de cette acquisition sera payé sur les revenus de la commune.

 

Article 2

Notre Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur est chargé de l'exécution de la présente Ordonnance.

 

Donné au Palais des Tuileries le dix neuf octobre mil huit cent trente cinq.

 

Signé LOUIS PHILIPPE

 

L'école officielle pouvait, une fois les formalités d'achat accomplies, ouvrir dans une "maison d'école" reconnue. Les garçons pouvaient apprendre à lire, écrire et compter d'une façon officielle.

 

Mais les filles...

Le 13 janvier 1839, le Conseil municipal charge le maire d'enquêter  sur la possibilité d'établir une école communale de filles.

Le 5 mai 1839, à deux heures du soir, le maire réunit son Conseil pour rendre compte de sa mission. " Le Conseil considérant que rien n'importe davantage aux enfants que de leur donner l'instruction morale, et de raison, si nécessaire au bien être de la vie sociale qu'agir dans cette vue, c'est entreprendre, à la fois de satisfaire l'intention bienveillante du gouvernement et rendre un service éminent aux habitants".

Une institutrice avait bien été nommée par la commune, mais au bout de deux mois, celle-ci abandonnait son poste pour une commune voisine où son traitement était supérieur...

A la suite de quoi un crédit de 400 fr est voté: 200 fr pour l'instituteur de l'école de garçons et 200 fr pour les 2 religieuses institutrices de l'école de filles...La Supérieure générale des Soeurs de la Providence de Ligny le Chatel, contactée, désigne deux religieuses pour assurer les fonctions d'institutrices.

Le 24 septembre 1839 la Supérieure adresse l'obédience suivante aux deux religieuses :

 

OBEDIENCE DE NOTRE SŒUR LAURENCE

 

Au nom de la très sainte Trinité et sous la protection de la Sainte Vierge et de Ste Anne nos protectrices

 

Ma très chère sœur,

 

Connaissant votre piété et votre zèle pour l’observation de notre sainte règle, votre prudence et votre capacité ayant confiance en notre Seigneur, que vous vous acquitterez dignement des offices que nous avons jugé à propos de vous confier  pour la plus grande gloire de Dieu, nous vous nommons et établissons par ces présentes, révocables à notre volonté supérieure en la maison  de Joux la Ville et vous donnons pouvoir d’y exercer conformément à nos saints règlements,  la supériorité sous le bon plaisir et l’autorité de M. Brigaind notre supérieur, vous exhortons à ne rien faire d’important sans prendre avis de la supérieure générale.

L’enseignement de la lecture, l’écriture, grammaire, arithmétique, histoire et géographie vous est spécialement confié, la sœur Perpétue que nous vous adjoignons est chargée de la visite des malades et de la direction des ouvrages à l’aiguille ; nous lui enjoignons de vous rendre l’obéissance et le respect dus  à l’autorité qui vous est confiée.

Nous prions le Seigneur de répandre ses bénédictions sur vous et votre administration.

Fait à la congrégation  des sœurs de la Providence, le 24 9bre 1839.

 

Le supérieur ecclésiastique                                                       La supérieure gle

Signé Brigaind curé doyen                                                        signé Sophie Brisson

 

                                                                                                                                                                                    Sommaire

                                                                       Pour copie

                                                    Le Sous-Préfet d’Avallon

                                                              illisible 

 

 

Tout semblait en ordre de marche pour que les petits joutiats des deux sexes puissent recevoir les bienfaits de l'Instruction.

Mais ce n'est que le 7 décembre 1840 que l'état du mobilier nécessaire est adressé en sous préfecture...

Nouvel ennui, le sous-préfet refuse de règler les traitements des deux religieuses pour 1840 au prétexte que cette dépense n'a été inscrite ni au budget primitif, ni au budget supplémentaire.  Il faudra attendre l'autorisation du préfet pour utiliser la ligne "dépenses imprévues 200 fr" pour règler les traitements.

En attendant, la population dut subvenir aux besoins de nourriture les plus pressants des deux religieuses !..

 

Les écoles maintenant fonctionnent à peu près normalement et ce, pendant une bonne dizaine d'années. Toutefois les conditions matérielles des écoles  laissent beaucoup à désirer. Le Conseil municipal  refusant toutes dépenses supplémentaires.

Le 3 juin 1854, le sous-préfet est obligé d'intervenir auprès du préfet et signale l'état lamentable du bâtiment qui d'après le rapport du sous préfet - qui s'est rendu sur les lieux –«  est sale et très dégradé, il ne dispose pas non plus de lieux d'aisance. » Il demande la fermeture pure et simple des deux écoles… » D'autant plus que l'école de garçons et l'école de filles fonctionnant dans le même bâtiment, cet état présente de graves inconvénients du point de vue de la morale. »

 Le manque de moyens, invoqué par le Conseil, semble n'être qu'un prétexte puisque d’une part, le receveur municipal signale que la commune a placé 6 351,92 fr au Trésor, que d'autre part elle possède des terres et des bois mal exploités qui rapportent peu.

Le 7 janvier 1855 le sous-préfet demande au préfet, devant les lenteurs de la commune, alors qu'un immeuble  est proposé pour y transférer l’école, d'inscrire d'office le montant de cette vente.

Le 10 janvier 1855 le sous préfet prend acte de l'inscription au budget communal des fonds nécessaires à l'acquisition d'une maison destinée à accueillir l'école de filles. Le conflit semble  s'apaiser...

L'achat de la maison se réalise mais reste maintenant les travaux à y exécuter. Des plans sont réalisés et approuvés le 15 mars 1857 pour une somme de 9 628,04 fr. Cette somme étant financée par une imposition extraordinaire de 10 centimes additionnels au principal des quatre contributions directes et ce, pendant 3 ans.

Les travaux peuvent commencer!

1859, les travaux sont terminés, les comptes définitifs approuvés, les filles ne sont plus dans le même bâtiment que les garçons, la morale est sauve.

1862, d'autres problèmes surgissent! Monsieur Moine instituteur depuis près de 30 ans tombe gravement malade en 1858 et est dans l'impossibilté d'exercer. Un instituteur remplaçant est désigné, il est stipulé que son traitement serait égal au 2/3 de celui de Mr Moine. Or 100 frs furent retirés à Mr Moine pour les donner à Mr Caussard remplaçant. En 1862, la maladie de Mr Moine est reconnue avoir été contractée dans l'exercice de son service et il perçoit à ce titre une pension de 66 fr. Monsieur Caussard est nommé à titre définitif  et de ce fait, exige le traitement qu'avait Mr Moine depuis le début de son remplacement. Tort lui sera donné aussi bien par l'académie que par le préfet. Mais cela avait occupé près de 4 ans en échange de courrier.

 

Si les garçons ont un peu plus d'espace, l'état de leur école se dégrade et les conditions sanitaires ne s'améliorent pas, d'autant plus que la population scolaire augmente. Des travaux sont votés, mais à minima, si bien que l'inspecteur d'académie de l'Yonne écrit au préfet le 21 octobre 1869 pour attirer son attention sur l'état de l'école de garçons :

« Permettez-moi d'appeler votre sollicitude sur la maison d'école de Joux la Ville qui se compose d'un logement pour l'instituteur ayant besoin de réparations urgentes et d'une salle de classe beaucoup trop petite, comprenant à peine la moitié de l'espace exigé par les réglements. La santé des élèves y est gravement compromise et une bonne organisation de l'enseignement y est impossible.

On pourrait l'agrandir un peu en y ajoutant  la cage de l'escalier qu'il faudrait déplacer; mais ce serait des dépenses considérables pour obtenir un résultat insuffisant.

Le mobilier de classe est complètement délabré.

J'ai l'honneur de vous proposer de prendre des mesures pour faire cesser  le plus tôt possible un état de choses aussi regrettable. »

Quelques années vont passer et en 1872 des travaux vont être entrepris à la suite de la menace d'effondrement d'une poutre dans la petite classe de l'école. Entre le moment où les travaux sont décidés par le conseil municipal et l'autorisation de les réaliser, un an va s'écouler. Les différentes navettes sous préfet, architecte, préfet, inspecteur d'académie s’éternisant les travaux d'urgence vont être réalisés fin 1873.

Ces travaux ne sont que partiels et n'améliorent en rien l'état des écoles.

En 1875, le nombre de garçons fréquentant l'école est tel que l'ouverture d'une seconde classe est nécessaire. De nouveaux travaux sont entrepris, en particulier la création d'une pièce pour l'instituteur adjoint. Ces travaux vont se monter à 398,72 fr.

Les années passent et en 1880, un nouveau différent oppose Monsieur Caussard, instituteur, à la commune. En effet Monsieur Caussard, ayant obtenu le brevet complet, a droit à une majoration de traitement de 100 fr. Or depuis plusieurs années il percevait un supplément de traitement de 150 fr alloué par la commune. Celle-ci refuse de règler cette nouvelle augmentation prétextant qu'elle était comprise dans le supplément de traitement. De nouveaux échanges épistolaires entre la commune, l'académie, la sous-préfecture et la préfecture et Monsieur Caussard, vont permettre de résoudre ce problème, la commune règlant les 100 fr contestés.

A cette époque la fréquentation scolaire était variable selon la période de l'année. Elle diminuait fortement au printemps et en été. Devant cet état de fait la commune décide le 16 mai 1880 que l'instituteur adjoint ne sera attaché à l'école communale que du 1er septembre au 30 avril. De ce fait il ne percevra de traitement que durant cette période. Cet état de choses va durer jusqu'au 5 février 1882. Entre temps est intervenue la gratuité de l'enseignement. La fréquentation scolaire augmente d'une façon sensible, elle est de 83 garçons, si bien que le traitement de l'instituteur adjoint devient annuel.

Le même 5 février 1882, » le conseil municipal, considérant que la commune n'est pas pourvue de salle d'asile, les mères de famille se plaignant de ne pouvoir envoyer leurs enfants à l'école avant 5ans, considérant que l'école des filles comprend 2 classes distinctes, demande que la Soeur chargée de la petite classe soit autorisée à recevoir les enfants des 2 sexes au dessous de 5 ans. »

Entre le jour où cette délibération est prise et la réponse des autorités, intervient un fait majeur: la religieuse qui dirigeait la petite classe a cessé ses fonctions. Les 2 classes sont réunies en une seule... de 84 élèves.

De ce fait l'autorisation d'accueillir  les enfants de moins de 5 ans est refusée par courrier du 20 mars 1882. Dans ce rapport l'inspecteur d'académie fait état d'un projet de construction d'une école au Val de Mâlon, hameau de Joux la Ville. Il préconise aussi la construction d'une école enfantine qui recevrait les enfants, des deux sexes, de 3 à 6 ans et qui serait annexée à l'école de filles.

 

Entre temps les habitants du Val de Mâlon adressent une pétition au nom des habitants de Pourly, autre hameau de Joux la Ville, et du Val du Puits de Sacy, demandant la création d'une école mixte. D'après la pétition le nombre des enfants des trois hameaux, distants de quelques centaines de mètres, serait de 50.

Dans sa réponse, le conseil municipal arguant de dépenses importantes concernant l'adduction d'eau, répond que s'il n'est pas opposé à une telle création, n'a pas les moyens de construire une nouvelle école et que le local proposé par les habitants n'est pas « sérieux ».

L'inspection académique appuie cette pétition, en soulignant toutefois, que cela entraînerait une modification des écoles du chef lieu de la commune.

 

  

Le 29 mars, « le conseil  municipal considérant que l'école de filles  est pourvue de deux salles de classes séparées par un corridor demande à l'administration de vouloir bien établir à  Joux la Ville une école maternelle destinée à recevoir les filles de 3 à 6 ans et les garçons de 3 à 5 ans."

Dans sa réponse du 22 juin l'inspecteur d'académie, considérant que la création d'une école au Val de Mâlon n'a pas été prise en considération, que d'autre part recevoir 84 jeunes filles, les filles de 3 à 6 ans et les garçons de 3 à 5 ans, ce qui totaliserait plus de 100 enfants, dans 2 salles dont la superficie totale est de 84 m², ne peut accéder à la demande de création d'une classe maternelle dans ces locaux. Par contre il demande au préfet la création d'un  poste d'institutrice adjointe pour l'école de filles.

Le 2 juillet de la même année, le conseil municipal se range à l'opinion de l'inspecteur et demande la création d'un poste d'institutrice adjointe pour l'école de filles. Ceci est accepté le 4 août 1882.

Si le problème de l’école de filles semblait en voie de règlement, l’école de garçons posait elle auusi de gros problèmes :

  Le 19 avril de la même année l'inspecteur d'académie adresse au préfet le rapport suivant:

« La salle de classe d'une superficie de 57 m². est tout à fait insuffisante pour contenir tous ces élèves, jusqu'à présent l'adjoint était obligé d'aller faire la plupart des leçons orales dans la cuisine de l'instituteur, située à côté de l'école; il y aurait lieu de réunir la cuisine de l'instituteur à l'école et de  reporter la cloison au lieu indiqué par la ligne tracée au crayon bleu.

Le logement de l'instituteur sera encore suffisant:  il comprend encore 4 pièces et un petit cabinet au 1er étage.

L'instituteur adjoint occupe une pièce convenable en mansarde au dessus du logement de l'instituteur. »

A ce rapport était joint un état de la situation scolaire de la commune

Population totale de la commune d'après le recencensement de 1881 ...........1091 ha

 Ecole de garçons

nombre d'élèves de 5 ou 6 à 13 ans                                                                    80

nombre d'élèves de plus de 13 ans                                                                        3

nombre de classes                                                                                                  1

nombre de maîtres                                                                                                   2

superficie de la classe actuelle                                                                              56 m²

superficie de la classe projetée                                                                              41 m²

nombre d'élèves dans la classe projetée                                                                40 

Ecole de filles

Nombre d'élèves                                                                                                    84

Nombre de classes                                                                                                   1

Nombre de maîtres                                                                                                   1

 

 La demande de création d'école au Val de Mâlon étant refusée, la création d'un poste institutrice adjointe à l'école de filles étant acceptée et la création d'une école maternelle ajournée, voici la situation scolaire en septembre 1882: 2 classes à l'école de garçons et 2 classes à l'école de filles soit au total un peu plus de 160 enfants.

 

Les années passent sans que de nouveaux faits surgissent si ce n'est des problèmes inhérents au manque d'entretien des écoles.

 

En décembre 1890 surgit un problème causé par les rapports entre école et église. L'instituteur demande à sa hiérarchie s'il est normal que des enfants, ayant les fonctions d'enfants de choeur, s'absentent pendant la classe pour se rendre aux différents offices.

 

1891, une grave épidémie de scarlatine s'abat à Joux la Ville, 26 enfants sont atteints et un adulte. Le rapport du Docteur Bert, médecin des épidémies, est formel. La propagation de la maladie est causée par un manque de prudence des parents des enfants. Il préconise une isolation des malades pendant 6 semaines - certains enfants sont retournés à l'école ou ont joué dans les rues moins d'une semaine après le début de la maladie alors qu'ils sont pleinement contagieux -. L'épidémie ne se propage plus dès l'arrivée des beaux jours.

Mais en octobre un nouveau fléau se répand au Val de Mâlon: la typhoïde. Après enquête du docteur Bert, cette épidémie est due à une très mauvaise hygiène des familles concernées et l'école de Joux la Ville n'est pas concernée.

                                                                                                                                                                                                                 Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire des écoles officielles de Joux la Ville  (suite)

          

Les années passent…la fin du siècle arrive et avec elle un rappel de l’inspecteur d’académie, le 25 octobre 1900. Dans une lettre adressée au préfet, l’inspecteur décrit l’état de l’école de garçons.

 

Le 11 novembre 1900, le conseil municipal est informé de ce rapport, et fait effectuer, en urgence, des travaux sans consultation de l’administration et passe de gré à gré pour un montant initial de 300 F un marché avec un maçon local.

Une fois entrepris, ces travaux s’avèrent beaucoup plus importants. Le montant initial est dépassé et la facture se chiffre à… 2003,50 F. Seul le toit est donc refait mais cela n’améliore pas l’état général de l’école.

 

Le sous-préfet puis le préfet s’opposent à l’inscription  postérieure de cette dépense. Le 29 novembre 1900, le sous préfet sur ordre du préfet adresse une lettre de rappel à la loi au maire, le menaçant des foudres du conseil de préfecture. Dans ce courrier, il est rappelé également que l’urgence de la construction d’une école de garçons n’a pas diminué, malgré ces travaux.

 

Le 9 décembre – il est à noter que malgré les moyens de l’époque, l’aller et retour de courrier était très rapide – le maire, avec l’accord du conseil municipal, adresse une lettre d’excuse et demande au préfet bien vouloir, malgré les irrégularités commises, le règlement de la facture du maçon.

Le préfet autorisera  le paiement, mais rappellera la nécessité de construire une nouvelle école répondant aux conditions d’hygiène et de confort.

 

Les années passent… tout semble être oublié.

 

Le 21 janvier 1907 l’inspecteur d’académie rapporte au préfet sa visite de l’école. Depuis le rapport de 1900 rien n’a changé, de plus l’humidité est croissante et lors de grosses pluies, l’eau pénètre dans les classes. Il rappelle que la surface de l’école est de 115 m² alors qu’elle devrait être de 300 à 350 m².

Le 3 février, le conseil municipal, constatant que l’opinion publique avait évolué, décide la construction d’une nouvelle école et propose au préfet deux emplacements. Dans sa réponse du 21 février, le préfet donne son accord pour les 2 emplacements et demande au conseil de choisir le moins onéreux.

 

Le 2 juin, le conseil après avoir étudié toutes les nouvelles propositions choisit d’acheter le clos Marsigny, celui étant le plus propice à une liaison avec l’école de filles, ceci afin de créer un groupe scolaire.

Le 29 mai 1908, l’inspecteur d’académie signale au préfet que malgré les délibérations prises rien n’a été fait. Entre temps,  il est vrai la municipalité avait changé.

Le 31 mai 1908, le nouveau conseil décide d’abandonner le projet de construction, arguant que la commune n’en a pas les moyens.

Le 3 juillet, l’inspecteur d’académie demande au préfet de réunir la commission d’hygiène et constate que le maire, comme délégué cantonal est favorable à la construction mais que comme premier magistrat, il y est hostile.

Le 7 mars 1909, le conseil maintient son refus, des travaux au réservoir et aux canalisations d’eau étant plus urgents, et ce malgré l’avis négatif de la commission d’hygiène.

 

Quelques temps plus tard, le 14 avril 1909, l’inspecteur d’académie, vu le rapport très défavorable de la commission d’hygiène, vu que la commune de Joux est l’une des plus riches de l’arrondissement, d’après les dernières statistiques publiées, étant donné que l’état pourrait subventionner la construction jusqu’à 27000 F, demande au préfet de recourir à la procédure d’office. La somme de 27000 F devant couvrir approximativement le montant des travaux.

 

Le 28 juillet, le sous préfet rappelle au conseil municipal ses obligations. Le 8 août le conseil maintient son refus, mettant en avant les travaux d’adduction d’eau. Dans sa réponse le préfet rappelle que les délais d’instruction du dossier de construction du dossier de construction et de financement prendront environ 18 mois. Ce ne sera donc que le budget de 1911 qui sera concerné. Les travaux concernant l’eau seront terminés depuis déjà un an.

 

Dans une longue délibération du 14 novembre 1909 le conseil réfutant les conclusions de la commission d’hygiène maintient son refus. En effet, si la superficie et le volume des locaux étaient insuffisants en 1909, ils vont l’être sous peu, puisque le nombre d’élèves baissent… ceci est du à l’exode rural vers des pôles d’emplois que sont les chemins de fer, la gendarmerie et l’administration en général. Quant aux problèmes d’hygiène, il n’y a jamais eu de graves épidémies à Joux la Ville.

 

A la fin de 1909 une nouvelle fois le préfet sollicité par l’inspecteur d’académie rappelle au maire ses obligations. Le conseil maintient sa position par un scrutin secret, qui cette fois n’est plus unanime : 7 voix contre, 3 voix pour, une abstention. Le premier adjoint au maire refuse de signer la délibération.

Les années passent, le statu quo demeure. En 1913, le préfet menace de refuser toutes dépenses avant que le projet d’école ne soit concrétisé. 8 février 1914, nouveau refus du conseil pour les raisons invoquées plus haut. Le 13 juin, l’inspecteur d’académie établit un nouveau rapport au préfet. Monsieur Bidault de l’Isle, conseiller général, dans une lettre datée du 26 juin 1914 donne partiellement raison au conseil municipal de Joux la Ville.

 

En ce qui concerne la baisse de la population, malheureusement, les évènements de septembre 1914 donneront raison à la commune.

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